Accéder au contenu principal

Introduction au Guzi avec des légumes


Légumes, Carottes, L'Ail, Céleri, Alimentaire, La Santé

Cela fait maintenant plusieurs années que nous tendons, au sein de notre foyer, vers un mode de vie plus sobre : moins de déchets, moins d'objets, moins d'argent, moins de viande, moins de technologie, moins d'à peu près tout en somme.

Et aussi du plus : plus de légumes, plus de lien avec la nature, plus de temps en famille plutôt qu'au travail.

Mais même en faisant tout ça en transition, nous restons quoi qu'il arrive dépendants du système économique global, ainsi que de toutes ses failles, ses inégalités, sa complexité, j'en passe et des meilleures.

Alors que faire pour pouvoir vivre sobrement sans quitter la société ? Pour être heureux sans faire fi de l'économie mondiale ?
Serait-il même possible de trouver un système qui puisse être généralisé à tous, équitable et durable ?
Et puis tiens, soyons fous, pourquoi n'ajouterions nous pas à ce packaging quelque chose qui puisse accélérer la transition écologique en encourageant carrément à la sobriété ?
Cerise sur le gâteau, c'est moi qui régale, je propose également que nous réduisions les différences entre les plus riches et les plus pauvres.
Enfin, petite cerise sur la grosse cerise, à l'ère de l'informatique que nous vivons, simplifions-nous la vie en ayant un système automatique, fiable et inviolable, histoire que personne ne puisse, par exemple, fiscalement s'évader.

Tout cela ? Est-ce possible ? Je le pense. En tout cas j'ai une proposition qui semble y répondre.

Cela se nomme : 
le Guzi

En gras ET souligné, bouyah !

Je déconne, mais cet article est très sérieux. 

Étant donné que nous ne sommes pas tous des économistes en puissance, je vous propose de découvrir ici le Guzi à l'aide d'une métaphore. Et pour les plus intéressés, vous pourrez consulter l'article plus détaillé, plus technique et plus complet.

Les Radis

Pour appréhender le Guzi, comparons le à un radis. C'est parti !

Le jardin

Julien a un jardin un peu particulier : chaque jour, un et un seul radis rouge y pousse. Donc lundi il y a un radis, mardi deux, mercredi trois, etc (j'ai hésité à aller jusque dimanche... Spoiler : 7).
Dimanche, il prend ses sept radis (qu'est-ce que je disais ?) et va au marché pour les échanger contre des objets, de la nourriture, des services, bref les radis servent de monnaie.
Le radis (i.e le Guzi) est une monnaie.

Pendant les 30 jours qui suivent il n'a plus besoin de radis, il les laisse donc s'accumuler dans le jardin. Au bout de ces trente jours, il y a donc 30 radis rouges dans son jardin. Le 31ème jour, un nouveau radis pousse dans le jardin (comme d'habitude), mais le radis du premier jour s'est composté (oui, d'un coup d'un seul). Le 32ème jour le 2ème radis, périmé à son tour, se composte également, et ainsi de suite.

Chaque radis se composte après 30 jours s'il n'est pas dépensé avant.
Mais en se compostant de la sorte, les radis ont enrichi le sol du jardin de Julien. Si bien que depuis, il ne pousse plus un radis par jour, mais deux radis par jour. Et plus Julien laisse de radis périmer et se composter, plus son jardin sera productif chaque jour, et ce pour toujours. Un jardin qui produit 10 radis par jour (parce que beaucoup de radis s'y sont périmés et compostés) produira toujours 10 radis par jour (et plus encore si d'autres radis y sont périmés et compostés).
Pour résumer jusqu'ici, les radis peuvent servir de monnaie. Mais chaque radis non dépensé périme 30 jours après son apparition. Je peux donc accumuler 30 jours de radis mais pas plus. Et les radis arrivés à péremption ne sont pas perdus parce qu'ils se compostent et ils enrichissent mon sol pour toujours.

La couleur des radis

Maintenant continuons. Pourquoi insistais-je sur la couleur des radis de Julien ? (Rouges, vous vous rappelez ?) Et bien dans le village de Julien, tout le monde connait tout le monde (un village quoi), et surtout chaque personne/jardin a une couleur de radis différente, tout le monde connait la couleur des radis de tout le monde, sachant que chaque personne est unique et que chaque couleur de radis l'est également.
Dominique a des radis bleus, Roger a des radis magentas, Jean-Michel a des radis oranges...
Bref chaque personne a sa couleur de radis.

Tout ça pour dire que Julien peut payer avec ses radis rouges. En revanche, si Roger le paye en radis bleus, Julien ne pourra pas à son tour payer avec ces radis bleus (parce que Martine va lui dire "d'où qu'ch'est qu'tu m'sors du radis bleu tizote ! Ch'est nin l'tiens", traduction : "D'où sors-tu ce radis bleu ? Il n'est pas le tien mon bon ami", grosso modo).

Que fait donc Julien de ces radis bleus ? J'y viens dans un instant, parce qu'avant je dois vous parler des carottes (Si, si, c'est sérieux).

Les carottes

A ses 18 ans, des carottes rouges commencent à pousser dans le jardin de Julien, autant chaque jour que de radis.
Donc s'il poussait douze radis rouges par jour dans son jardin, il y pousse désormais, en plus, douze carottes rouges (oui, la couleur a aussi de l'importance).
Il ne peut pas dépenser ces carottes comme ses radis. En revanche, Julien se lance dans la confection de paniers en osier, pour vendre ceux-ci au marché (et se faire de l'oseille ah !). Il crée donc une petite entreprise.

Il confie à cette entreprise les fameuses carottes qu'il a pris de son jardin. Puis, au nom de son entreprise, il dépense ces carottes pour acheter les matières premières (de l'osier) et fabriquer ses paniers. Il revend ensuite ses paniers contre des radis et des carottes de différentes couleurs. Si Julien est malin, nous espérons qu'il s'est fait une petite marge (mais il peut aussi faire ça pour le plaisir et ne pas faire de bénéf', c'est lui qui décide après tout).

La différence entre les radis et les carottes

Mais quelle différence entre les radis et les carottes, me direz-vous ? Et bien quand on cueille une carotte, contrairement au radis, cela laisse un "trou" dans le jardin. Trou qu'il faudra remplir de compost. Si Julien cueille deux carottes, il y a deux trous dans son jardin. Alors qu'il peut cueillir autant de radis qu'il veut, ça ne fera pas de trous.
Les radis cueillis ne laissent pas de trous.


Les carottes cueillies laissent des trous vacants.

Nous serions donc tenté de se dire "Jamais je ne cueille de carottes car je ne veux pas de trous dans mon jardin". Mais rassurons-nous, ces trous ne sont pas un problème. Premièrement il peut y avoir autant de trous que l'on veut dans le jardin, cela n'affectera en rien la pousse des radis et des carottes. Donc même une infinité de trous ne m'empêcherait pas d'avoir mes nouveaux légumes chaque matin.

De même, Julien a fait une petite marge sur ses paniers d'osier. Ses clients sont soit des voisins qui le payent en radis (de leur couleur respective bien sûr), soit d'autres entreprises qui le payent alors en carottes (peu importe la couleur ici).

Le compost et les trous

Un radis reçu créait autant de compost qu'une carotte : 1 pot.

Ces carottes et radis reçus se compostent donc et servent d'abord à reboucher les trous laissés par les carottes cueillies et dépensées. Pour bien comprendre : un radis devient un pot de compost, de même une carotte devient un pot de compost, et enfin un pot de compost remplit pile poil un trou de carotte. Ce ne sont que les légumes compostés en surplus, une fois tous les trous bouchés, qui vont améliorer la qualité du sol et donc augmenter la productivité quotidienne du jardin.
Les premiers pots de compost remplissent les trous.
Les suivants (le surplus) enrichissent le sol.


De plus et pour rappel, les radis de Julien qui périment enrichissent toujours le sol, même s'il y a des trous. C'est là la grosse différence entre les radis et les carottes : mon radis enrichit mon jardin s'il se composte, mes carottes + les carottes des autres + les radis des autres n'enrichissent mon jardin que si je fais du profit.

Quand le sol du jardin de Julien s'enrichit, cela augmente la quantité de radis qui poussent chaque jour, et également à même valeur la quantité de carottes qui poussent chaque jour. Donc il pousse et poussera toujours autant de radis que de carottes dans un jardin.

Résumé  

Avec ses radis, Julien peut...

  • Les dépenser (c'est une monnaie).
  • Les composter pour augmenter sa production journalière de légumes.

Avec ses carottes, il peut...

  • Les mettre à disposition d'une entreprise (la sienne, une autre ou un panaché) qui pourra les dépenser. Cela laissera des trous dans son jardin.
  • Les composter pour éviter de créer des espaces vacants. Mais ça n'enrichira pas son sol. Cela sert juste à limiter les trous. C'est la différence avec ses radis.

Si Julien gagne des carottes et/ou des radis...

  • Ceux-ci sont compostés et remplissent d'abord les trous de son jardin
1 radis = 1 carotte = 1 pot de compost = 1 trou à remplir
  • Puis le surplus augmente sa production journalière.

Conclusion

Via cette métaphore, vous avez eu un aperçu du fonctionnement principal du Guzi (le radis) et du Guza (la carotte). 

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter l'article exhaustif du Guzi, j'y aborde vraiment le Guzi dans ses détails techniques, avec des mathématiques, des courbes, tout ça. Le principe reste compréhensible et accessible par à peu près tout le monde, mais cela peut en endormir certain.es.

Et n'hésitez pas si vous avez des questions à commenter cet article ! Cela me permet de constater ce qui est mal expliqué et ce qui n'est pas bien clair. C'est important !

Allez, bisous.

Gus

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Réduire notre empreinte carbone

    A force de lire sur les sujets économiques et les sujets écologiques, aussi antithétiques que ces deux termes soient, je constate que tout est intimement lié. La crise Covid n'est qu'une petite crise en comparaison à ce qui nous pend au nez. La crise économique qui prend forme et la crise climatique qui a commencé vont être de pires en pires. Mais, contrairement à ce qu'on pourrait croire, ces 3 crises sont les maillons d'une seule. Cela fait des décennies que des lanceurs d'alerte nous préviennent que la biodiversité et les émissions carbone sont un enjeu capital pour notre survie. Néanmoins nous continuons à déforester, à creuser, à fabriquer des objets à usage unique ou à non-usage, des déchets. J'en passe, bien sûr, et des pires. Mais, avec toutes ces alertes, pourquoi n'avons nous pas ralenti ? Pourquoi n'avons

Le Guzi en 5 minutes avec une BD

Les monnaies locales complémentaires face au Guzi

  Le Guzi se propose comme une alternative, non plutôt comme l'Alternative au système économique existant. D'aucun pourrait se demander si, au lieu de développer une n-ième monnaie, nous ne pourrions pas nous contenter d'un outil existant, fonctionnel et simplement le déployer à plus grande échelle ? Il existe en effet de nombreuses possibilités pour limiter les échanges en Euros. Que ce soit les monnaies locales complémentaires, les monnaies dématérialisées voir les monnaies libres. Dans cette série d'articles, je vais comparer l'approche du Guzi à celles de ces différentes solutions. Commençons par les plus développées : les monnaies locales complémentaires. Avant tout, je tiens à préciser que ce qui est dit dans ces articles n'engage que moi et que, même si je détaille particulièrement les défauts de ces projets, ils n'en sont pa