• Gus

Le Guzi est-il juste une autre crypto-monnaie ?

Bonjour à tous.


Aujourd'hui nous reprenons la série comparative des différentes monnaies existantes. Une sorte de quête pour vérifier que le Guzi apporte un réel changement. Vous pouvez consulter l'article précédent sur les monnaies locales complémentaires ici.


Nous allons donc parler des crypto-monnaies. Je ne vais pas entrer dans les détails techniques et plutôt me concentrer sur la valeur en tant qu'outil des crypto-monnaies. Mais cela restera, normalement, compréhensible par le plus grand nombre. Et comme ma mère fait toujours plusieurs relectures de mes articles, j'y suis bien obligé...


Une fois de plus, je tiens à préciser que tout ce qui est écrit dans cet article relève de mon avis tout à fait personnel. Je tiens d'ailleurs à saluer tout le travail qui a été fourni par de nombreuses personnes sur toutes les monnaies que je décris ici.


L'article étant déjà cossu, je ne parlerai pas de la monnaie libre, la G1 qui est pourtant également une crypto-monnaie. Je ne l'ai pas oubliée, ne vous en faite pas, mais je la détaillerai dans un prochain article.

Sans transition, si ce n'est celle-ci, allons-y !

Le progrès des crypto-monnaies

Les crypto-monnaies ont été mises au point pour permettre de se passer du "tiers de confiance" que représentent les banques. Elles ont réussi, avec succès, à décentraliser la validation des transactions et à empêcher une entité centrale (la banque toujours) d'avoir le pouvoir sur notre argent : gel de compte, refus de transaction ou que sais-je encore.

Bref, le pouvoir sur notre argent nous revient. Et ça, c'est un énorme progrès !

Mais ce n'est pas tout ! Une seconde avancée que le bitcoin et consœurs apportent est que l'entièreté des transactions est publique. C'est à dire qu'il est possible pour tous de consulter et même de télécharger l'ensemble des transactions qui ont eu lieu depuis la mise en service de la monnaie. C'est d'ailleurs cela qui permet d'assurer la validité de toute transaction.

Il y a donc une vraie libération de l'opacité et du pouvoir bancaire sur l'argent.

Alors, ça veut dire qu'on doit tous se mettre au Bitcoin et laisser tomber l'Euro ? Et bien oui. Le Bitcoin étant meilleur et libérateur, il parait pertinent que le plus de personnes possible s'y mettent.

Donc nous laissons tomber le Guzi et passons au Bitcoin ? Wow ! Doucement ! Ce n'est pas exactement ce que je voulais dire. Le Bitcoin (ou une autre, mais le Bitcoin est la crypto-monnaie la plus démocratisée) est une étape vers une économie meilleure. Car, fort de ses qualités, le Bitcoin ne résout malheureusement pas tout.

L'énergie

Parlons premièrement d'une limite à nuancer : la consommation électrique. Pour rappel, ou pas, les crypto-monnaies sont constituées de deux réseaux : un réseau d'acheteurs et payeurs, des personnes qui font des transactions comme nous ; et un réseau qui va vérifier et valider ces transactions, constitué de ce qu'on appelle des "mineurs".

Ces mineurs récupèrent les transactions effectuées, les vérifient et les ajoutent à la fameuse blockchain, qui est tout "bêtement" une base de données distribuée. La blockchain sert à faire en sorte que tout le monde ait exactement le même fichier de transactions. C'est aussi simple que ça.

Mais le souci, c'est qu'à chaque bloc de transactions, il faut un peu de temps pour synchroniser toutes les bases de données de tous les mineurs de la planète. Donc a été mis au point la "preuve de travail" qui, encore une fois tout simplement, "fait perdre du temps à tout le monde pour laisser le temps de se synchroniser", grosso modo 10 minutes.

Donc il faut faire bosser tous les mineurs du monde à plein régime pendant 10 minutes pour ajouter un bloc de données à la blockchain et que celui-ci soit synchronisé sur toutes les bases de données des mineurs du monde entier.

Nous pouvons lire tout ce que nous voulons sur la blockchain et la preuve de travail, ce ne sont vraiment que ça, ni plus ni moins :

  • Des acheteurs/vendeurs qui font des transactions ;

  • Des mineurs qui valident ces transactions et se synchronisent tous entre eux pour avoir le même fichier.

  • Un algorithme qui "ralentit" tous les mineurs pour leur donner le temps de synchroniser ce fameux fichier (nommé "blockchain").

Ce sont ces fameuses 10 minutes de travail (mondial) qui sont pointées du doigt comme consommant beaucoup d'électricité. Et c'est vrai, c'est un souci. Mais il faut relativiser : aujourd'hui les monnaies dites classiques (l'Euro, le Dollar, etc) fonctionnent, pour une écrasante majorité des transactions, par ordinateur et ainsi génèrent une consommation électrique également faramineuse.

Donc mettons ce défaut de côté et laissons même la technique de côté pour nous concentrer sur l'usage des crypto-monnaies.

La spéculation

Les réelles limites, selon moi, des crypto-monnaies relèvent de ce qu'elles ne changent pas plutôt que de ce qu'elles changent. Le premier et principal problème : la spéculation. Je suis subjugué du nombre de personnes qui achète des bitcoins en Euros pour espérer les revendre plus tard, plus cher. Donc gagner des Euros grâce aux changes.

Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Nous sommes ici en train d'utiliser de l'argent (quelque chose de 100% fictif, juste quelques morceaux de papiers ou chiffres sur un écran) pour générer plus d'argent (pareil...) et ce sans n'avoir rien fait d'autre qu'attendre. Et avec ce plus d'argent, nous pouvons alors acheter plus (de matière, d'objets ou de services). Cela est valable pour toutes les monnaies, sans-la-moindre-exception. En ce qui me concerne, c'est une aberration.

Bien sûr le Guzi est différent. Il n'est en effet pas possible de passer du Guzi vers une autre monnaie, ni l'inverse, parce que ça n'aurait aucun sens et surtout que personne ne l'accepterait. Donc à ce niveau là, problème résolu. Mais je vois venir avec de gros sabots les personnes qui pourraient dire qu'avec le Guzi, en ne faisant rien, on peut également gagner plus. Et ça sonne vrai.

Attention, il ne faut pas oublier de se projeter dans le bon référentiel. En reprenant l'exemple du change, j'alloue une partie de mes bitcoins pour les faire fructifier. J'ai toujours, à côté d'autres bitcoins qui me permettent de faire mes achats habituels. Pour résumer, mon surplus d'argent me permet d'augmenter ce dit surplus. Mais pour quoi faire ? Pour s'enrichir certainement. Pour s'assurer un matelas d'intérêts et se sentir financièrement en sécurité.

D'un autre côté, le Guzi sert à chacun comme monnaie de tous les jours. Nous sommes en quelque sorte en "flux tendu". Nous pouvons donc définir trois types d'utilisateurs du Guzi :

  • Celle ou celui qui dépense tout ce qu'elle ou il reçoit en Guzi, sans jamais vouloir gagner plus. Alors sa situation stagne. Mais il n'y a aucune raison de l'empêcher de vivre.

  • Celle ou celui qui ne gagne pas non plus de Guzis, mais qui en revanche reste économe, limite sa consommation. Il faut encourager ce fonctionnement, ce que fait le Guzi.

  • Enfin celle ou celui qui gagne voir gagne beaucoup de Guzis par son travail, son commerce, voit son revenu augmenter en conséquence.

Finalement la différence est que les Guzis non dépensés ne sont pas une "récompense sans avoir rien fait" mais une "résultante de sobriété", ce qui est fondamentalement différent.

Aussi, dans les monnaies existantes, nous pouvons mettre de côté une somme pour la faire fructifier. Nous le faisons d'ailleurs tous avec nos comptes épargnes. Mais il n'est pas possible d'accumuler des Guzis sur plus de 30 jours, donc cela supprime définitivement la possibilité de rétention monétaire qui, au delà d'être une aberration, pourrait influencer les marchés.

Qui plus est, le "gain" en Guzis est logarithmique, ce qui est infiniment impactant. Le revenu en Guzis augmente de plus en plus lentement, ce qui fait perdre son sens à cette volonté omniprésente d'amasser le plus possible. Et surtout, ce besoin de sécurité financière qui nous hante tous (consciemment ou non) disparait quand nous sommes certains que, quoi qu'il arrive, nous pourrons subvenir à nos besoins.

La crainte de demain

Cette sécurité est très importante alors je me permets de faire une petite parenthèse. Ce besoin que nous avons d'être rassuré sur le fait de savoir que nous pourrons manger demain génère une peur. Et c'est cette peur qui guide énormément nos choix.

Toutes ces personnes qui mettent le maximum de côté, qui investissent dans l'or, dans le bâti, dans l'art, dans les cartes de baseball, les timbres ou que sais-je encore. Tout ces investissements... C'est ce mot le problème : l'investissement. Son problème, c'est qu'il repose à la fois sur la peur de manquer et l'espoir d'avoir plus. On investit pour ne pas perdre notre argent et on investit en espérant faire fortune.

Et ainsi, nous voilà tous tombés dans la consommation. Car c'est ce que nous faisons chaque fois que nous investissons.

Consommer.

Alors pour nous libérer de ce besoin maladif de consommer, pourquoi ne pas mettre en place un système qui nous assure à tous cette sécurité ? Je ne parle pas de communisme extrême où tout le monde gagnerait la même chose, car cela ne semble pas correspondre à l'humain, je parle juste d'apaiser cette peur du manque.

Et puis de toute manière, il faut bien comprendre que le changement climatique va finir (car il a commencé) par nous forcer la main. Alors autant le faire avant, mais pour de bonnes raisons.

Fin de parenthèse.

L'inégalité historique

Il existe certainement un terme plus savant et plus fougueux qu'inégalité historique, mais je trouve que ça pète. Par celui-ci, je veux bien sûr décrire l'immense problématique du lien direct entre le milieu social de naissance et la disposition financière. Il est en effet indéniable que naître et vivre dans l'abondance financière est bien pratique. De même obtenir un héritage qui permet de faire ce que l'on veut, dans le sens de pouvoir se réaliser, est tout à fait injuste.

Peut-être alors percevez-vous le problème des crypto-monnaies. Et oui ! Si nous avions investi quelques centimes il y a 12 ans pour acheter plusieurs dizaines de bitcoins, alors aujourd'hui nous pourrions nous faire de belles vacances, nous acheter une maison bien sympathique et certainement y vivre tranquillement pour un moment.

Ce que je suggère ici, c'est que la date d'entrée dans la monnaie a un impact bien trop grand : le fait de pouvoir passer du bitcoin à l'euro et inversement s'ajoute à la valeur fluctuante du bitcoin par rapport à l'euro. Donc si nous avons du bol, nous tombons à un moment où le bitcoin a une valeur plus faible à l'achat ; et si pas de chance, alors celui-ci pourrait nous coûter cher avant de peut-être perdre en valeur. Le risque perdure.

L'incomplétude

Enfin, j'aimerais parler des insuffisances de toute crypto-monnaie. Elles se vendent plutôt comme des alternatives au système actuel, mais en sont-elles vraiment ? Comme ma tournure de phrase le laisse à penser, non.

Admettons que tout le monde passe au bitcoin. Il reste que pour faire un emprunt, il faut toujours passer par une banque et lui dévoiler toute sa vie et son projet pour espérer se faire prêter de l'argent ; il reste que les inégalités liées au milieu de naissance persistent ; il reste qu'il est toujours possible de stocker de l'argent et de l'accumuler, voir même de le donner à des banques qui le feront travailler pour nous ; et de ces rétentions il reste que la valeur de la monnaie va fluctuer encore et toujours ; il reste notre dépendance aux investisseurs riches pour les projets d'ampleur ; il reste que les différences salariales continuent de crever le plafond ; enfin il reste que nous continuons tous à accumuler le maximum pour assurer notre propre sécurité et remplir cette peur, telle un tonneau percé, d'objets et biens inutiles qui nous rassurent un temps si court que le suivant a déjà commencé.

Ainsi les technologies évoluent, mais les outils restent les mêmes, et les erreurs aussi.

Le Guzi alors

Alors je suis peut être dur, mais je ne crois pas aux crypto-monnaies, dans leur état actuel. Elles ne font que réitérer une histoire déjà vécue (voir l'article sur l'histoire de la monnaie). Il nous faut quelque chose qui change vraiment et totalement.

Il nous faut le Guzi, ou autre chose si quelqu'un trouve mieux, bien sûr.

Parce que le Guzi nous libère de la peur ; parce qu'il permet aux actives et actifs d'augmenter leurs revenus, mais permet également à celles et ceux qui le choisissent de ralentir leur activité ; parce qu'il est complet dans son approche.

Le Guzi nous libère également des banques. Il profite en effet de l'avancée des crypto-monnaies et il la complète en permettant les emprunts d'une manière impartiale, juste et non intrusive.

Le Guzi libère les entreprises, donnant la même chance à chacune d'être financée, de la plus petite à la plus grande.

Enfin le Guzi nous libère du salaire. Attention celui-ci ne disparait pas : il est différencié du revenu. Ainsi notre revenu augmente avec notre salaire, mais il ne s'arrête pas si nous perdons notre emploi, il reste simplement constant.

Le seul défaut du Guzi, c'est que l'application ne soit pas encore en place.  J'y travaille. En attendant, vous pouvez toujours partager et réagir à cet article, ici ou sur les réseaux sociaux ; vous pouvez également vous familiariser avec le Guzi, en parler pour mieux le comprendre vous-même. Si vous êtes développeuse ou développeur, joignez-vous à nous. Si vous voulez créer du contenu ou quoi que ce soit qui aiderait à la compréhension et au partage du Guzi, banco ! Bref toute aide est la bienvenue.

Allez, salut. Gus

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